UN INSTANT DE REFLEXION
18/12/2012 11:06 par maurina
De retour sur son étoile, Norma Jeane eut envie de raconter à son invisible interlocuteur comment s’était déroulée sa promenade. Elle commença par s’installer aussi confortablement que possible, puis l’appela :
"Invisible interlocuteur, êtes-vous là ?
– Bien sûr, mais pas seulement.
– Comment ça, pas seulement ?
– Ne te souviens-tu pas que Je Suis omniprésent ?
– Seul Dieu l’est, et il m’est difficile d’imaginer que depuis mon arrivée en ce monde, je converse avec Lui.
– Je comprends, mais dans certaines situations il faut parfois savoir faire preuve de plus de discernement. "
Une fois de plus, cette voix si particulière marquait un point. Elle avait toujours tendance à oublier où elle se trouvait, et donc de penser, et d’agir en conséquence.
"Je vois que mes paroles se sont frayé un chemin dans ton esprit, petite flamme, qu’il en soit ainsi tout au long de ton séjour.
– Je dois reconnaitre que vous avez l’art, et la manière d’aller droit à l’essentiel.
– C’est préférable dans ma situation, ne crois-tu pas ? "
C’est avec une habileté sans pareille, son invisible interlocuteur la guidait vers l’aboutissement de cette première étape de son parcours céleste. Si seulement elle n’avait pas la fâcheuse manie de sans cesse remettre en question chacune de ses paroles, elle serait déjà passée sur la face ensoleillée du plan.
Un enfant qui pleure, et que nous n'entendons pas non pas parce ce qu'il est loin de nous ou que des murs nous séparent de lui, mais parce que nous sommes devenus sourds.
Un petit que l'on devrait prendre par la main pour le rassurer, une petite âme qui se cherche perdue dans les ténèbres d'un monde qui le relègue loin derrière lui.
Une petite fille en Bolivie, un petit garçon en Côte d'Ivoire, et tant d'autres encore disséminés de par le monde des grandes personnes qui n'ont plus le temps de prendre la mesure de leur cœur.
Il y a toujours quelque part des enfants qui pleurent, et nous passons notre chemin sans les voir, sans les entendre, sans nous retourner pour leur tendre la main.
Il y a des rivières qui deviennent océans de larmes, des regards qui implorent, des silences qui hurlent, et qui nous laissent indifférents.
Il y a deux poids, et deux mesures, il y a nos enfants, et ceux des autres, et cela fait toute la différence.
Alors ne nous étonnons pas de voir grandir les nôtres dans un monde qui part dans tous les sens parce que déboussolé, et déshumanisé.
Le bien-être de chacun passe par celui des autres, et rien ne s'accomplira totalement tant qu'une partie de l'humanité restera sourde, et aveugle à l'autre moitié.
Ouvrons les portes de nos cœurs, gardons les yeux ouverts, et prenons tous un enfant par la main pour sécher ses larmes, et mettre un sourire sur ses lèvres.
Il ne faut plus qu'un enfant pleure, que ce soit en Bolivie, en Côte d'I voire où n'importe où sur cette planète, si nous voulons voir un jour nos enfants s'y épanouir.
Cet enfant qui pleure, et celui qui rit ont aujourd'hui les mêmes droits, et auront demains les mêmes charges, alors ne laissons plus aucun enfant pleurer tandis que l'autre rit.
Au cours de ma vie, j’ai eu plus de surnoms que d’argent dans mon portemonnaie. Ils étaient dans l'ensemble plus ou moins caustique, et certain même dans les demi-tons, mais jamais encore on ne m’avait attribuée celui de fleur bleue ! Capitaine au long cours, du paquebot de l’existence, j’ai fait escale ici, et là selon que les vents étaient bons ou mauvais, selon mon humeur ou celle que me dictait mon cœur. Je suis arrivée tant bien que mal aux trois quarts de mon voyage, et m’apprête à savourer un repos bien mérité. Si je n’ai pas constamment suivi les sentiers traditionnels de la navigation existentielle, ce n’était pas volontairement, mais par ignorance. Mais, cependant, j’ai toujours fait de mon mieux pour essayer d’amarrer mon bateau aussi solidement que possible. Il se peut que certaines de mes méthodes parussent souvent inappropriées au but rechercher, mais je faisais avec ce que j’avais, et ce n’était jamais grand-chose. J’avais semé mes petites graines de vie à la va-comme-je-te-pousse sans me demander ce qu’elles donneraient, ni ce que j’en ferais. Mais au moment des récoltes, j’ai bien dû admettre que tous mes efforts pour transformer ma minable existence avaient échoué. Je me retrouvais irrémédiablement sur les mêmes sentiers qui se terminaient tous en cul-de-sac. Mais j’étais tenace, et refusant de baisser les bras, je me remettais immédiatement au travail, essayant de séparer le bon grain de l’ivraie. Bien des saisons passèrent avant que le choix de mes semences s’améliore, et je vis bien des soleils se lever, et se coucher avant d’obtenir de meilleures récoltes. Et lorsqu’enfin ma vie devint plus stable, et mes pensées plus claires, je put me consacrer à l’écriture, mon rêve d’enfant, ma passion. Un jour, au cours d'une discussion sur mon premier roman avec une personne très proche de moi, je fus surprise de m'entendre taxer de fleur bleue ! Je m'attendais certes à quelques critiques qui auraient sans doute eu le mérite d'être pragmatiques, mais certainement pas à me voir taxer de fleur bleue ! C’était son avis, et je ne me serais pas formalisée outre mesure si celle-ci eut pris la peine de lire plus que trois lignes avant de se prononcer. J’espérais qu’elle serait fière de moi en dépit de tous les handicaps qu’avec le temps j’essayerais de surmonter. Une fois de plus, j’avais fait preuve d'un trop-plein d'optimisme, et c'est le cœur serré que j’ajoutais à ma liste de sobriquets celui de fleur bleue. Ce soir-là, j’eus du mal à m’endormir à cause de ces deux petits mots anodins si jolis sur le dessus, mais si cruels à l’intérieur. Deux petits mots qui s'ils avaient été proférés par n’importe quel manant m’auraient probablement laissée de glace, mais qui venant d’un être cher à mon cœur, m’offensèrent. Au réveil, mon imagination se mit au travail, des mots dansaient dans ma tête, des idées fleurissaient. C’était le juste retour des choses quand on était une fleur bleue qui se prenait pour un écrivain talentueux. Alors, je me mis sans tarder au travail, et de mots en images je découvris toute la poésie que cette expression contenait. Par la magie de la pensée, je me retrouvais au beau milieu d’un champ entièrement composé de fleurs bleues. Celles-ci se balançaient sous la caresse d’une brise printanière sauf une qui se détachait des autres, et en laquelle je me reconnus. Oui, j’étais une fleur bleue, mais pas n’importe laquelle, la doyenne, celle à qui il fallait plus qu’une brise pour courber la tête au moindre souffle. Celle qui avait traversé tant de tempêtes, et fait face à tant de vents mauvais qu’elle pouvait aussi surmonter le peu prévenances que cette personne manifestait à l’égard de son travail. Il m’aura fallu plus de soixante ans d’existence pour comprendre que l’on n’apparait pas toujours dans le regard des autres comme on se voit soi-même. J’avais fait tant d’efforts pour changer l’image que l’on avait de moi pour en fin de compte me retrouver jugée comme Don Quichotte se battant contre les ailes des moulins. Je rajouterais que c’est souvent les personnes que l'on croit le mieux connaitre qui vous surprennent le plus, mais c'est également de celles-ci qu'on apprend le mieux à grandir !
« Le langage est la peinture de nos idées. »
"On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait pas où l'on va"
Christophe Colomb
Nul n’ira jusqu’au fond du rire d’un enfant. » de Victor Hugo Chaque homme dans sa nuit s’en va vers sa lumière. » de
« Chaque homme dans sa nuit s’en va vers sa lumière. »
de Victor Hugo
Victor Hugo